24 juil 2011

Article de Presse sur la Guinguette

Une Guinguette en Goguette

Qu’est-ce qui peut pousser un Cancalais de 35 ans, qui n’est pas du sérail, à reprendre un hôtel abandonné à Tinténiac ?  « Quand j’en parle autour de moi, aujourd’hui encore, on me dit « C’est où ? » Mais qu’est-ce que tu fais là-bas ?  » En 2005, Jacques Dragonne revient d’un tour du monde à la voile de deux ans avec sa femme et ses deux fillettes. « Il fallait bien retravailler. Ma femme était conseillère en tourisme et hôtels à la Chambre de Commerce de Saint-Malo. C’est elle qui a eu l’idée. » Le prix d’achat de ce petit établissement fermé trois ans auparavant sur décision administrative (il n’était pas aux normes) est un argument. Il faudra quand même convraincre les banques d’avancer 800 000 Euros pour la rénovation. D’autant que les normes, justement, sont devenues draconiennes. On ne plaisante plus avec la sécurité incendie ou l’accessibilité.

Jacques Dragonne se démène pour rénover en neuf mois les 15 chambres de la Guinguette. Toutes ont vue sur le canal, et des surfaces à faire pâlir les établissements qui se serrent sur la côte. Il fait de ce petit hôtel-restaurant aux allures de motel un endroit pas bêcheur, avec des nappes vichy, le verre de vin à 2 euros et un vrai chef en cuisine. Les prix sont raisonnables : entre 49 et 120 Euros ( la suite) la nuit. L’hôtel fait les yeux doux aux randonneurs de la voie verte et aux cyclotouristes (250 par jour l’été), qui peuvent monter leur vélo dans leur chambre…  « Nous leur proposons un kit de réparation, une station de lavage, des paniers repas, une halte sur notre terrasse ». La Guinguette drague aussi sur internet, où l’ancien responsable de la régie publicitaire fait valoir ses arguments aux autocaristes. « Nous sommes sur la Rennes-Saint-Malo, à la croisée des itinéraires touristiques vers la côte, Bécherel et le Mont Saint Michel, entre les Châteaux de Montmuran, de la Bourbansais et de Combourg

Deux étoiles en vue

L’hiver, l’hôtel attire les VRP lassés des chaînes ou des sous-traitants de l’usine Sanden. Dans une autre vie, Jacques Dragonne était en charge des animations dans les casinos du Grand Ouest. Il a installé en sous-sol un cabaret où il propose des spectacles plumes, strass ou magie, pour des groupes en goguette à la Guinguette.

« Avec du recul, cette histoire finit bien. Mais ça n’a pas été facile d’arriver ici « en étranger’ de démarrer en pleine crise. Heureusement, j’ai été soutenu par la commune, le groupement d’intérêt touristique et les acteurs locaux ». En 2010, il a obtenu un deuxième prix aux Trophées du Tourisme organisés par le Comité Départemental (CDT). Dans quelques semaines, il devrait décrocher ses deux étoiles.

 Article de Cécile Robin – Revue « Nous Vous Ile  » -  n° 94 – Juillet, Août , Septembre 2011

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